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Natura 2000, un réseau écologique européen

Flamants roses

Le Parc national comprend 4 sites Natura 2000 sur son territoire : "Rade d'Hyères" ; "Iles d'Hyères" ; "Salins d'Hyères et des Pesquiers" (site animé par la métropole Toulon Provence Méditerranée) et "Corniche varoise" (site animé par la Communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez et situé entre Le Lavandou et Saint-Tropez).

Qu'est ce que Natura 2000 ?

Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels ou semi-naturels identifiés pour leurs richesses environnementales.  À l’origine composé de sites exclusivement terrestres, les compétences de cette démarche se sont étendues en mer, afin de répondre aux exigences internationales de protection du milieu marin. Cette démarche ambitieuse, initiée en 1992, a pour objectif de créer un réseau cohérent et représentatif de sites écologiques permettant ainsi de conserver la diversité biologique des territoires européens.

A la base de la désignation des sites, deux directives et leurs annexes précisant les listes d'espèces, d'habitats et d'habitats d'espèces justifiant la mise en place de mesures dédiées : la directive dite "Oiseaux"; et la directive dite "Habitats-faune-flore"; transcrites en droit français dans le code de l'environnement dans les articles L-414-1 et suivants.

Natura 2000 en mer

Les sites Natura 2000 ayant une partie maritime ont été identifiés comme l'une des 6 catégories historiques d'aires marines protégées (AMP) définies par la loi du 14 avril 2006. Ils répondent à la première finalité d'une AMP ; celle de contribuer au bon état des espèces et des habitats à statut.

Natura 2000 en mer constitue un maillon du réseau des aires marines protégées françaises. A ce titre, le Parc national abrite 3 sites Natura 2000 en mer :  "Rade d’Hyères",  "Îles d'Hyères" et "Corniche varoise".

Natura 2000 et le Parc national

La démarche Natura 2000 débute en 1996 par la création du site « Iles et îlots de Port-Cros et de Porquerolles » choisi pour être l'un des 37 sites pilotes français pour tester l'élaboration des documents d'objectifs (DOCOB) prévus par la Directive Habitats Faune Flore. C’est l’un des rares sites insulaires. Le Parc national est désigné comme opérateur du site.

Puis, au gré des évolutions de périmètres, le site « Iles et îlots de Port-Cros et de Porquerolles » est étendu puis redéfini en plusieurs sites :

  • La ZPS "FR 9312008 Salins d’Hyères et des Pesquiers", classée au titre de la Directive Oiseaux, comprenant les Vieux Salins, le Salin des Pesquiers et ses marais périphériques et la pinède des Pesquiers. Ce site de 962 ha est 100 % terrestre.
  • La ZPS "FR 9310020 Iles d’Hyères", classée au titre de la Directive Oiseaux, comprenant les îles et îlots de Port-Cros, de Porquerolles et du Levant ainsi qu’une importante partie marine entre Carqueiranne et le Lavandou. Ce site de 47 905 ha est 94 % marin.
  • La ZSC "FR 9301613 Rade d’Hyères" (initialement nommée "La côte d’Hyères et son archipel" avant son extension en mer), classée au titre de la Directive Habitats, comprenant les îles et îlots de Port-Cros, de Porquerolles et du Levant, les Vieux Salins, le Salins des Pesquiers et ses marais périphériques, la pinède des Pesquiers ainsi qu’une importante partie marine entre Carqueiranne et le Lavandou. Ce site de 48 867 ha est 92 % marin.

Ces trois sites Natura 2000 ont fait l'objet d'un premier document d'objectifs (DOCOB), validé en 2008. Suite à l’intégration des parties marines des sites, un nouveau DOCOB a été rédigé puis validé en 2022 (validation par Arrêté préfectoral).

Contrats Natura 2000

Il s’agit de mesures contractuelles volontaires permettant la mise en œuvre des actions définies dans le DOCOB du site. Les contrats terrestres bénéficient d’un financement du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER).

    
    

 

Les contrats Natura 2000 sur le territoire du Parc national de Port-Cros

La pinède des Pesquiers (presqu’île de Giens) et la pinède des Vieux Salins (Hyères) font partie du site Natura 2000 « Rade d’Hyères » au titre de la Directive Habitats, Faune, Flore. Ces pinèdes sont de petites zones forestières littorales dans lesquelles on retrouve des habitats forestiers et des milieux dunaires d’intérêt communautaire1 : 9540-3 : pinèdes de pins d’Alep et 2270-1 : forêts dunales à pin parasol.

Ces pinèdes représentent un stade mâture de la végétation sous influence littorale caractéristique d’un climat particulièrement doux. Elles correspondent à l’expression très localisée d’un micro-climat de type thermoméditerranéen particulièrement localisé en France. Elles participent à des mosaïques d’habitats d’un grand intérêt qui offrent aussi une diversité de niches écologiques aux espèces animales et végétales. L’intérêt patrimonial de ces pinèdes est également lié à leur aire de répartition limitée et à leur faible étendue.

Toutes deux situées sur des terrains appartenant au Conservatoire du Littoral, la principale menace qui pèse sur ces habitats est le développement d’espèces exotiques envahissantes qui peuvent impacter leur conservation.

Les actions réalisées dans le cadre de ce contrat N2000 ont permis d’éliminer plusieurs espèces exotiques envahissantes végétales afin de maintenir les conditions favorables au maintien et au développement de ces habitats d’intérêts communautaires. L’objectif de ces travaux est de permettre, à moyen et long terme, la régénération des habitats et une amélioration de l’état de conservation des habitats en concurrence avec ces espèces envahissantes.

Les travaux ont porté sur les espèces :

  • Herbe de la pampa (Cortaderia selloana) : une quinzaine de pieds déracinés.
  • Eucalyptus (Eucalyptus globulus) : Suppression des rejets d’une vingtaine d’eucalyptus précédemment coupés , et installation de bâches anti-germination et anti-rejet.
  • Mimosas d’hiver (Accacia dealbata) : un arrachage exhaustif d’environ 25 arbres a été réalisé.
  • Griffes de sorcières (Carpobrotus sp.) : arrachage manuel d’environ 130 m2 répartis en plusieurs tâches.
  • Muguet de la pampa (Salpichroa origanifolia) : expérimentation d’éradication de cette espèce par recouvrement de bâche anti-germination sur une tâche d’environ 250 m2.
  • Passiflore bleu (Passiflora coerulea) : éradication par arrachage manuel d’une petite surface nouvellement apparues. Cette espèce n’était jusqu’ alors pas présente dans le site et mérite donc d’être retirée avant qu’elle ne se développe de façon plus importante.

Ce projet a été réalisé entre octobre et décembre 2020 grâce à un financement du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) d’un montant de 6169,20 euros.

 

Le site Natura 2000 « FR 9301624 Corniche Varoise » abrite une importante diversité d’ habitats terrestres.

La frange littorale du site est caractérisée par une végétation halophile des falaises et littoraux rocheux constituant des habitats endémiques de Provence comme les falaises côtières cristallines méditerranéennes à Limonium spp. endémique qui regroupe l’ensemble des végétations pérennes des fissures des rochers côtiers soumis aux embruns salés. En plus du piétinement, cet habitat est également très vulnérable à l’implantation de végétaux introduits, en particulier la griffe de sorcière (Carpobrotus sp.) échappée de jardins et largement véhiculée par les oiseaux et qui peut recouvrir de grandes surfaces d’un seul tenant étouffant alors toutes les espèces indigènes composant l’habitat.

Sur les sites du Cap Lardier et de la baie de Briande, la griffe de sorcière est encore présente dans des zones très difficiles d’accès en falaise. Des actions ont donc été menées dans ces falaises pour éliminer cette plante exotique sur une surface d’environ 365 m². Ces travaux ont été réalisés par une entreprise spécialisée dans les travaux en milieu acrobatiques.

L’objectif de ces travaux est de permettre, à moyen et long terme, la régénération des habitats de falaise et une amélioration de l’état de conservation des habitats en concurrence avec ces espèces envahissantes.

Zone de griffes de sorcière avant travaux ©P. Lacosse
Zone de griffes de sorcière après travaux ©P. Lacosse

Ce projet a été réalisé en avril 2020 grâce à un financement du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) d’un montant de 1894,75 euros.

Le site Natura 2000 « FR 9301624 Corniche Varoise » abrite une importante diversité d’ habitats terrestres.

On retrouve notamment sur ce littoral une végétation halophile des falaises et littoraux rocheux constituant des habitats endémiques de Provence comme les falaises côtières cristallines méditerranéennes à Limonium spp. endémique qui regroupent l’ensemble des végétations pérennes des fissures des rochers côtiers soumis aux embruns salés. Autre habitat remarquable du site Corniche varoise, les Garrigues littorales primaires : association à Armérie des sables du Golfe de Saint-Tropez sont un sous-type local de la végétation halophile des littoraux rocheux de la Méditerranée. L’habitat est endémique des caps de Saint-Tropez et il présente un développement optimal sur les pentes douces soumises aux embruns.

Sur le site, la frange littorale est un des milieux les plus soumis aux pressions anthropiques, notamment en saison estivale : promenades et randonnées sur le sentier du littoral et accès aux plages. Ces habitats littoraux sont donc particulièrement vulnérables vis-à-vis du piétinement qui va être défavorable à leur maintien et qui s’accompagne généralement de processus d’érosion suivis d’une régression du tapis végétal. La portion du sentier du Littoral entre Gigaro et la plage des Brouis est une des plus fréquentée car elle permet un accès rapide aux premières plages. Les populations d’Armeria arenaria qui longent cette partie du sentier sont donc fortement menacées. C’est dans ce cadre qu’une mise en défens a été initiée en 2001 par l’installation de « casse-pattes » à plusieurs niveaux de ce sentier. Une dizaine d’année plus tard, ces mises en défens étaient fortement dégradées et même manquantes sur certaines parties au niveau des populations d’Armeria arenaria.

Afin de préserver cet habitat et l’ensemble de la végétation littorale, un contrat Natura 2000 a été monté pour procéder à la réfection des clôtures basses existantes et détériorées ainsi qu’à la création de nouvelles zones de mise en défens pour empêcher le piétinement en dehors du sentier du littoral. Cela représente 10 zones de travaux sur un linéaire total de 1,6 km : réfection ou installation de « poteaux-fil », de marches, de soutènements en traverse de bois et en muret, démolition et nettoyage.

L’objectif de la mesure est de limiter le piétinement des habitats d'intérêt communautaire le long du sentier du littoral, entre Gigaro et la plage des Brouis (à noter que cette zone n’a pas été impactée par les incendies de juillet 2017). Cela permet de favoriser un meilleur état de conservation des habitats littoraux et plus spécifiquement des formations à Arménaria arenaria présentes tout le long du sentier.

Ce projet a été réalisé en novembre 2021 grâce à un financement du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) d’un montant de 12 754,45 euros.

La région PACA accueille 5 espèces d’oiseaux pélagiques pendant la période de reproduction : le Puffin yelkouan (Puffinus yelkouan), le Puffin de Scopoli (Calonectris diomedea), l’Océanite tempête de Méditerranée (Hydrobates pelagicus melitensis), le Fou de Bassan (Sula bassana) et le Cormoran huppé de Méditerranée (Phalacrocorax aristotelis desmarestii).

Le Puffin yelkouan (Puffinus yelkouan) a le statut le plus défavorable (LPO PACA, 2009). Cette espèce strictement endémique du bassin méditerranéen est considérée comme en danger en France (UICN France & MNHN, et al., 2016). Les rares éléments bibliographiques disponibles laissent à penser qu’à l’échelle de son aire de répartition mondiale, l’espèce connaît un déclin marqué (Zotier,1999 ; Bourgeois et al., 2008). Le manque d’informations sur la nature et l’importance des menaces nuit fortement à la mise en œuvre de programmes de conservation adaptés. La région PACA est importante pour la reproduction de l’espèce, elle abrite 95 % de la population française sur un faible nombre de sites (Iles d’Hyères et de Marseille ; Lascève et al., 2006).

De précédentes études menées sur les îles d’Hyères et de Marseille de 2003 à 2007 avaient permis d’estimer les effectifs nicheurs sur les îles. L'objectif fixé dans ce contrat Natura 2000 est, dans un souci de protection de la population, d'identifier les facteurs susceptibles de limiter la viabilité de la population et, dans la mesure du possible, d’en limiter l’impact conformément aux orientation du DOCOB.

10 ans après les premiers recensements, une étude est donc menée pour réactualiser les estimations d’effectifs des populations. Le contrat Natura 2000 porte sur les îles de Port-Cros et du Levant (le recensement sur Porquerolles ayant été fait sur d’autres financements).

Les résultats montrent que l’île du Levant apparaîtrait désormais comme un site d’importance majeure pour la conservation de l’espèce, puisque qu’elle représente uneproportion importante de la population européenne des Puffins yelkouan. L’île de Port-Cros reste un site de reproduction prisé par les Puffins yelkouans. Cependant de grandes menaces pèsent sur l’avenir de ces colonies avec des densités de Rat noir très importantes et surtout la montée en puissance de la population de Sanglier d’Europe dont les premiers impacts ont été enregistrés durant ces recensements.

Ce projet a été réalisé entre 2018 et 2019 grâce à un financement du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) d’un montant de 13 744,70 euros.

L’île de Bagaud est un site littoral soustrait à l’impact anthropique direct grâce à son statut de réserve intégrale de parc national. Elle fait aussi partie du réseau européen Natura 2000 grâce à la zone de protection spéciale (ZPS) « Îles d’Hyères » (Directive Oiseaux) et à la zone spéciale de conservation (ZSC) « Rade d’Hyères » (Directive Habitat Faune Flore).

Dans le cadre d’un programme décennal (2009-2019) alliant restauration écologique à grande échelle et suivis globaux de la biodiversité (végétation, arthropodes, vertébrés), des opérations d’éradication d’espèces exotiques envahissantes préjudiciables pour les espèces patrimoniales identifiées sur site ont été mises en place. Ces actions d’éradication visent deux espèces : le rat noir (Rattus rattus) et les « griffes de sorcière » (Carpobrotus spp.). Le rat noir, introduit dans le bassin méditerranéen il y a près de 2000 ans, participerait entre autres au déclin des populations méditerranéennes déjà menacées du puffin yelkouan (Puffinus yelkouan), un oiseau marin nicheur sur l’île. Les griffes de sorcière sont des espèces végétales originaires d’Afrique méridionale qui, depuis leur introduction sur l’île ont une dynamique de prolifération très importante, participant à une uniformisation des milieux et pouvant se révéler problématique pour la survie de populations d’espèces patrimoniales.

Ce programme de restauration écologique a débuté en 2010 et s’est poursuivi pendant 9 années par le suivi des groupes taxonomiques cibles avant, pendant et après les opérations d’éradications puis par le biocontrôle des espèces exotiques envahissantes. Ce Contrat Natura 2000 a permis de participer à ce programme en ciblant les actions d’éradication et de contrôle des espèces exotiques envahissantes.

Plus précisément ce contrat a permis l’éradication d’environ 2 ha de griffes de sorcière en milieu accessible et en zone de falaise (travaux sur cordes), et de poursuivre le contrôle des populations de rats sur environ 58 ha. Les objectifs visés par rapport aux enjeux Natura 2000 sont à moyen et long terme d’assurer le maintien dans un état de conservation favorable des habitats littoraux d’intérêt communautaires et de préserver les espèces menacées par la présence du rat noir comme les Puffins yelkouan et Puffin de Scopoli, l’Engoulevent d’Europe ou encore le Pyllodactyle d'Europe.

Ce projet a été réalisé entre mars 2017 et décembre 2020 grâce à un financement du Fonds européen Agricole pour le Développement rural (FEADER) d'un montant de  22 014,44 euros.