Matériel et méthodes
Un plan d’échantillonnage a été construit à partir d’une cartographie des zones humides potentielles, en mobilisant les sites historiquement connus, les données du programme STOECHAS, la base SILENE et la photo-interprétation. Au total, 130 zones humides ont été identifiés et 101 localités ont été inventoriées.
Les prospections ont eu lieu en avril et en juin 2024 par Nicolas Borel, pour un total de 18 jours de terrain. Selon les milieux, les inventaires ont mobilisé des bottes, des wadders et parfois un canoë avec grappin ou râteau, les taxons étant identifiés sur place ou au laboratoire à la loupe binoculaire ou au microscope.
Résultats
L’étude a produit 489 données. Elle a mis en évidence de nombreuses espèces patrimoniales, dont plusieurs nouvelles localités ou confirmations importantes pour le département du Var. Parmi la flore terrestre patrimoniale, le rapport signale notamment Aira provincialis, Dorycnopsis gerardi, Lepidium coronopus, Vitex agnus-castus ou encore Thymelaea tartonraira subsp. tartonraira. Parmi les espèces amphibies remarquables figurent Isoetes durieui, Oenanthe fistulosa, Solenopsis laurentia et Verbena supina.
Pour les hydrophytes, plusieurs taxons rares ou sous-observés ont été confirmés ou étendus, comme Potamogeton trichoides,Zannichellia pedunculata, Zannichellia peltata. Les characées ont apporté une valeur ajoutée importante, notamment avec Nitella gracilis, dont la connaissance de la répartition a été fortement améliorée. L’étude a aussi révélé plusieurs macroalgues nouvelles pour le Var ou absentes de SILENE, ainsi que des microalgues relevées au moins au niveau générique. En revanche, aucune Riella n’a été observée, ce qui est cohérent avec la faible probabilité de présence et les conditions hydrologiques de 2024.
Conclusion
Cette campagne a permis d’enrichir nettement les connaissances sur les zones humides de l’aire optimale d’adhésion du Parc national de Port-Cros, avec de nombreuses données rares, inédites ou actualisées. Les résultats montrent l’intérêt majeur des milieux aquatiques et amphibies pour la biodiversité patrimoniale, en particulier dans les secteurs des îles d’Hyères, du Plan de La Garde et de plusieurs retenues collinaires.
L’étude souligne aussi des enjeux de gestion concrets, comme le contrôle de certaines espèces exotiques envahissantes, la restauration de mares en fermeture et, localement, la maîtrise de pressions comme la présence de carpes ou l’eutrophisation. L’ensemble constitue une base solide pour de futurs suivis et pour affiner les actions de conservation sur ces milieux.
-
130
zones humides identifiées
-
101
localités inventoriées
-
489
données produites
-
18
jours de terrain