Aller au contenu principal
  • Information -

    Notre nouveau site est en cours de finalisation. Quelques ajustements sont encore nécessaires. Merci de votre compréhension !

Patrimoine Culturel

Chilopodes

L. Micropodus ©Etienne Loriot

L’objectif était de combler les lacunes de connaissance sur ce groupe, encore peu étudié sur le littoral continental, et d’évaluer en particulier les espèces halophiles des plages ainsi que les cortèges d’autres habitats.
Cette étude s’inscrit dans la continuité des travaux commencés en 2019 par Etienne Iorio sur les plages du cœur du parc, puis prolongés en 2022 sur le Cap Lardier et La Croix-Valmer.

 

Matériel et méthodes

Les prospections ont combiné plusieurs approches : recherche visuelle standardisée sur les plages, chasses à vue, tamisage de litière et de sol, et pièges Barber dans divers habitats continentaux. Pour les plages, des transects de largeur fixe ont été réalisés, avec une longueur adaptée à la taille de chaque plage, afin d’évaluer l’impact de la fréquentation humaine et des caractéristiques du substrat.
Hors plages, les prospections ont concerné des habitats variés, notamment chênaies, maquis hauts, frênaies humides, prairies, sansouires, milieux dunaires et lisières. Les individus ont été identifiés au laboratoire à l’aide de la loupe binoculaire et de la bibliographie taxonomique de référence, puis les données ont été analysées statistiquement et cartographiées.

Résultats

L’ensemble de l’étude a permis d’identifier 821 chilopodes, correspondant à 32 espèces, parmi 8 626 arthropodes terrestres inventoriés au total. Pour le seul protocole des plages, 318 spécimens de chilopodes et araignées ont été observés, dont 274 individus appartenant aux espèces inféodées aux plages, avec un effet net de la fréquentation humaine sur les effectifs.
Parmi les espèces marquantes, Endogeophilus alberti a été décrite comme nouvelle pour la science à partir de ces travaux, et le genre Endogeophilus a été signalé pour la première fois en France. Le rapport mentionne aussi la première observation en France de Stigmatogaster sardoa.
Sur les plages, les espèces halophiles comme Geophilus fucorum, Henia bicarinata, Pachymerium ferrugineum et Tuoba poseidonis apparaissent très sensibles à la surfréquentation humaine. Les analyses montrent aussi que, sur les plages sableuses ou graveleuses, plusieurs de ces espèces dépendent fortement de la présence de galets comme micro-abris, tandis que la quantité de posidonies échouées n’a pas d’effet significatif global.
Hors plages, les chilopodes sont particulièrement diversifiés dans certains milieux ombragés, humides ou riches en litière, notamment les maquis hauts et les chênaies, avec plusieurs espèces d’intérêt patrimonial.

Conclusion

L’étude confirme que les chilopodes constituent un excellent groupe indicateur de l’état de conservation des plages, en raison de leur sténocie écologique et de leur forte sensibilité aux perturbations humaines. Elle montre aussi que certains habitats continentaux du parc, notamment les maquis ombragés et les milieux humides, hébergent des assemblages riches et patrimoniaux.
Au total, le travail met en évidence un enjeu de conservation majeur pour plusieurs espèces rares, menacées ou nouvellement signalées, et souligne l’intérêt de poursuivre les inventaires pour compléter la connaissance de la faune des chilopodes du Parc.