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Changement climatique

La menace incendie

image d'abeille avec flamme
La menace incendie

Sécheresses plus longues, étés plus chauds, fréquentation touristique en hausse : face à cette équation périlleuse, le Parc national de Port-Cros a fait du feu sa Grande cause. Tour d'horizon d'un risque bien réel et des actions engagées pour le limiter.

Un paradis de verdure... hautement inflammable

Port-Cros, Porquerolles, le Levant : les îles d'Or abritent une flore et une faune méditerranéennes exceptionnelles, avec plusieurs espèces rares ou endémiques qui y ont trouvé refuge. Mais cette végétation, façonnée par des étés chauds et ensoleillés, se révèle aussi particulièrement vulnérable au feu. Les forêts de pins d'Alep et les garrigues où s'épanouissent lentisques, myrtes et genévriers de Phénicie offrent un terrain idéal à la progression d'un incendie.

Le changement climatique ne fait qu'aggraver la donne, avec des étés plus chauds et des périodes de sécheresse toujours plus intenses et plus longues.

  • 1600 hectares de forêt

    en cœur de Parc national, auxquels s'ajoutent de nombreux espaces boisés sur les cinq communes de l'aire d'adhésion 

  • 8 km/h

    Un incendie avance plus vite qu'un randonneur, l'écran de fumée toxique précédant même l'arrivée des flammes

  • 95 % des feux de forêt

    trouvent leur origine dans un comportement humain, le plus souvent une simple imprudence

  • 91 % de nos visiteurs

    se disent informés du risque incendie, la moitié seulement font le lien avec la cigarette

Un système d'alerte pour protéger les visiteurs

Pour assurer la sécurité de chacun, l'accès aux massifs forestiers est restreint, voire interdit, selon le niveau de risque incendie.

Chaque jour en période estivale, à 18h, la préfecture du Var publie une carte pour la journée du lendemain, massif par massif, consultable sur le site de l'État.

 

Consultez la carte d'accès aux massifs forestiers en fonction du risque à Port-Cros et Porquerolles

🚭 La cigarette est strictement interdite sur les îles, les plages et les sentiers de promenade.

Les contrevenants s'exposent à une amende de 135 à 1 500 €.

Quatre leviers pour prévenir le danger

Avec ses partenaires, le Parc national déploie une stratégie à plusieurs facettes pour limiter le risque incendie sur son territoire.

Chaque été, des dispositifs de surveillance, de médiation et de sensibilisation sont mis en place par les agents du Parc, des prestataires et des saisonniers. Depuis 2018, avec le soutien de la Région Sud, une Garde Régionale Forestière — 12 jeunes de 18 à 25 ans formés par la Région et le Parc national— informe les visiteurs sur les îles, sur la presqu'île de Giens et au cap Lardier.

Les jours de fermeture des massifs, l’information est renforcée aux embarcadères de la Tour Fondue, du port Saint-Pierre et du Lavandou. Les écoguides du Parc national, eux, mènent leurs missions d'éducation à l'environnement de juin à septembre sur les communes de l'aire d'adhésion, sur terre comme en mer — et des habitants volontaires viennent régulièrement prêter main-forte à cet effort collectif.

La forêt méditerranéenne est adaptée aux feux de forêts s’ils sont peu fréquents. Elle se fragilise par l’apport d’espèces pyrophiles qui sont souvent des espèces végétales exotiques envahissantes (mimosa, eucalyptus, etc.). 

Dans le cadre du programme européen Interreg Marittimo MED-Foreste, le Parc a testé différentes techniques pour réduire le combustible végétal de ces espèces. Sur plus de 3 ans, un programme expérimental d'éco-débroussaillement par pâturage d'ânes a été mené à Porquerolles et au cap Lardier — six ânes ont ainsi été accueillis à Porquerolles en 2021, leur piétinement et leur pâturage étant étudiés pour leur effet sur le mimosa, espèce exotique envahissante et pyrophile. Le dispositif se pérennise au Cap Lardier.

Neuf feux sur dix sont d’origine humaine. Ainsi la concentration des visiteurs estivaux sur les plages représente un risque important. En arriére plage, sur les îles , des plantations de pins pignons datant du début des années 1980 constituent un vecteur important de la propagation de feu. Les agents du Parc national y réalisent des coupes sélectives afin de réduire le risque de propagation du feux, tout en préservant les plus beaux sujets.

Un plan de défense des îles contre le risque incendie organise, en amont, la préparation du terrain pour faciliter l'intervention des moyens de lutte. À Porquerolles, les plaines agricoles cloisonnent l'île en cinq massifs forestiers, renforcées par près de 30 hectares de bandes débroussaillées, entretenues chaque hiver par le Parc national pour être pleinement opérationnelles dès le début de l'été.

À Port-Cros, en revanche, le relief laisse peu de place aux aménagements préventifs : la lutte contre un éventuel incendie repose avant tout sur les moyens aériens, ce qui rend l'information préventive d'autant plus essentielle.

Après l'incendie du cap Lardier, le Parc a organisé une résidence artistique photographique à La Croix-Valmer : la photographe Lucia Guanaes y a documenté la régénération de la végétation après le feu, donnant naissance à une exposition, un film et un livre. Projections et conférences sur le sujet rythment régulièrement les Rendez-vous du Parc national. Chaque année en mars, une soirée caritative organisée avec le mécène Sisley reverse l'intégralité de ses bénéfices au Parc pour soutenir cette Grande cause.

Ne jouons pas avec le feu !

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