Une terre disputée avant d'être une terre rêvée
Avant de devenir un refuge pour artistes, les îles d'Hyères ont d'abord été un enjeu stratégique et un théâtre d'affrontements, dont le patrimoine bâti garde aujourd'hui la mémoire. Dès le XIIe siècle, les habitants subissent les incursions de pirates barbaresques. Parmi eux, le tristement célèbre amiral ottoman Khizir Khayr ad-Dîn, dit Barberousse, pille les îles en 1530 avant de les libérer de l'occupant espagnol quelques années plus tard. Pour protéger la population de ces attaques, Richelieu fait édifier vers 1630 plusieurs ouvrages défensifs — la Tour de l'Éminence, le Fort de l'Estissac, le fort de Port-Man — qui constituent encore aujourd'hui l'un des traits marquants du paysage insulaire.
Ce passé mouvementé, fait de vestiges romains, d'une vingtaine de forts militaires et d'une trentaine d'épaves englouties, a lui-même nourri l'imaginaire : c'est cette même géographie tourmentée, faite de caps et de criques, que les écrivains et les artistes redécouvriront, quelques siècles plus tard, comme un refuge propice à la création.