Sur les rivages du Parc national de Port-Cros, les plages ne sont pas que de simples rubans de sable ou de galets : elles constituent un écosystème à part entière, à la jonction de la terre et de la mer. Le trait de côte, qui marque cette interface, n’est pas une ligne fixe - il se déplace en fonction des conditions météorologiques et des apports et pertes de sédiments.
La posidonie, discrète architecte du rivage
Ce qui se joue sur la plage commence sous l'eau. La posidonie n'est pas une algue mais une plante à fleurs, endémique de la Méditerranée. Jusqu'à près de 40 m de profondeur, l'herbier de posidonie occupe la plus grande partie des petits fonds du Parc national, signe d'un écosystème en bonne santé.
Après les tempêtes, les feuilles mortes de posidonie s'accumulent sur le rivage et forment des banquettes. Il ne s'agit pas de déchets ! Elles jouent un rôle essentiel pour le bon fonctionnement naturel des plages : elles constituent un habitat et une source de nourriture pour de nombreuses espèces animales et végétales, tout en contribuant à protéger les plages contre l’érosion.
Pour préserver cet équilibre, le Parc national privilégie une gestion douce : les banquettes ne sont pas retirées, seuls les déchets d'origine humaine sont ramassés, de façon manuelle et saisonnière.
Les laisses de mer : un monde en soi
Outre les feuilles mortes de posidonie, les vagues déposent divers débris naturels sur le rivage : ce sont les laisses de mer. On y trouve des coquillages, des os de seiche, des pelotes de fibres brunes (les aegagropiles) et du bois flotté.
Les laisses de mer sont indispensables à la survie de nombreuses espèces terrestres. Elles constituent un apport de matière organique, servant de nourriture à la faune et d’engrais à la végétation. De plus, elles forment un abri ombragé et humide sur la plage.
Le plus connu de leurs habitants est le talitre, ou puce de mer. Pourtant, d’autres espèces, aussi discrète, méritent également notre attention. Plusieurs espèces de chilopodes, de minuscules mille-pattes inoffensifs, sont en danger d’extinction, car très sensibles au piétinement. L'Euphorbe péplis, espèce patrimoniale à fort enjeux de conservation, rare et sporadique, est également très impactée par la fréquentation des plages.
Pour mieux connaître les espèces présentes sur les plages du Parc national et assurer leur préservation, un inventaire de la faune et de la flore des laisses de mer a été réalisé dans le cadre du projet AMMIRARE.
Découvrir le projet AMMIRARE
Dans le cadre du projet Interreg Marittimo AMMIRARE, le Parc expérimente des solutions fondées sur la nature et promeut le concept de « plage écologique », qui consiste à s’appuyer sur les ressources naturelles du littoral pour atténuer les effets du changement climatique.
Les milieux dunaires d'arrière plage