À Port-Cros comme à Porquerolles, les îles apparaissent couvertes de forêts de pins, de chênes et de maquis. Cette végétation, qui paraît si naturelle, a pourtant une histoire récente, très liée à celle des habitants.
Des forêts exploitées, cultivées, brûlées
Autrefois, le chêne vert recouvrait entièrement les îles d'Hyères. Leur exploitation et les incendies ont ensuite considérablement réduit sa présence, au profit des pins et du maquis.
À Porquerolles, la forêt a longtemps été une véritable source d'exploitation : le bois de chêne vert alimentait les charbonnières, et les souches de bruyère servaient à fabriquer des pipes. Au XIXe siècle, une grande partie de la forêt a servi de combustible à une usine de soude, très gourmande en bois. L'île a presque entièrement brûlé en 1897.
À Port-Cros, l'île était à de nombreux endroits entièrement déboisée au début du XXe siècle, et en partie cultivée : vignes, oliviers, maraîchage, sans compter l'élevage. Des murets de pierres sèches, les anciennes « restanques », rappellent ces cultures en terrasses qui recouvraient une grande partie de l'île il y a moins d'un siècle.
Pin d'Alep, chêne vert, maquis
Le pin d'Alep est très abondant sur les îles d'Hyères. Sa silhouette irrégulière domine les forêts de feuillus. Espèce pionnière, il a besoin de beaucoup de lumière pour grandir et vit environ 150 ans.
Le chêne vert, ou yeuse est bien adapté au climat méditerranéen grâce à ses feuilles dures et vernissées. Il est moins inflammable que le pain. C'est un grand arbre dans les vallons humides où il constitue de véritable yeuseraies.
Le maquis est dominé par l'arbousier et la bruyère arborescente. Sur les crêtes chaudes et rocailleuses, on trouve aussi l'« oléolentisque », un groupement d'oléatre (olivier sauvage) et de lentisque, parfois accompagnés de myrte.