Au sud de Port-Cros et de Porquerolles, la côte se dresse en falaises, difficiles d'accès pour l'homme. Ces parois abritent des espèces rares et fragiles, que l'on aperçoit surtout depuis la mer ou depuis les sentiers des crêtes. Ces falaises sont taillées dans des micaschistes. Ce relief accusé et cette roche fortement fracturée forment des éboulis grossiers, avec de nombreuses fissures et cavités.
Les plantes du sel et du vent
Sur ces rochers battus par les embruns, s'accrocher est un défi permanent. Seules quelques plantes très spécialisées résistent au sel et au vent, et poussent souvent couchées, torturées, plaquées au sol : c'est l'anémomorphose. Elles ont inventé des stratégies pour se protéger :
- l'immortelle, la cinéraire maritime et la barbe de Jupiter se couvrent d'un duvet soyeux argenté ;
- la criste marine (ou fenouil de mer) a des feuilles charnues et vernissées ;
- la statice naine se resserre en coussinet touffu.
Sur les falaises les plus chaudes pousse le genévrier de Phénicie, un arbuste aux minuscules feuilles en écailles.
Un refuge pour de nombreux animaux
Les falaises abritent les puffins, des oiseaux marins qui passent leur vie en mer et ne reviennent à terre que pour nicher. Deux espèces se reproduisent ici : le puffin de Scopoli et le puffin Yelkouan, endémique de Méditerranée. Pendant la période de reproduction, les îles du Parc abritent près de 95 % de la population française du puffin Yelkouan et 10 à 20 % de celle du puffin de Scopoli.
Ils nichent en colonies, dans des terriers, des fissures ou sous des blocs. À terre, ils sont actifs la nuit, et leurs cris, que l'on entend depuis leurs colonies, ressemblent étrangement à ceux d'un bébé. Le puffin yelkouan pond un œuf unique fin mars-début avril, et le poussin s'envole en juillet. Il choisit des cavités profondes et sinueuses, qui le dissimulent aux prédateurs.
Le faucon pèlerin, autrefois très rare à cause du braconnage et des pesticides, plane au-dessus des falaises, où il capture de petits oiseaux en vol.
Dans les failles se cache le phyllodactyle d'Europe, un petit gecko nocturne et grégaire, aujourd'hui en voie de régression.
Les anfractuosités accueillent également des chauves-souris, et l'on y croise en hiver le tichodrome échelette, un oiseau de montagne coloré.